Avènement du cinéma sonore

Des essais sur le cinéma sonore ont été réalisés en 1889 par Thomas Edison, mais aucun ne fonctionna réellement : l’image et le son n’étaient pas synchronisés[22]. En 1900, une projection d’un film sonore est faite en public, mais n’apporte rien de suffisamment concluant pour l’exploitation commerciale. Il faut attendre avril 1923, à New York, pour qu’une projection commerciale soit effectuée[23]. On parle alors de « films parlants » ou encore de « talkies »[24]. Talkies est une expression populaire américaine à consonance péjorative désignant, encore à ce jour, les tout premiers films parlants, maladroits et rudimentaires[24]. La comédie musicale Chantons sous la pluie réalisée en 1952 par Stanley Donen et Gene Kelly illustre d’ailleurs les débuts du cinéma sonore[25]. C’est en 1932 qu’il devient une technique à part entière dans le monde du cinéma. Les techniques permettent alors d’enregistrer le son et l’image, et de les synchroniser par la suite. Le film Don Juan réalisé en 1926 par Alan Crosland, avec John Barrymore est considéré comme le premier vrai long métrage sonore[26], et Le Chanteur de jazz réalisé en 1927 également par Crosland est considéré comme le premier film parlant[27].Le son provenait alors d’une succession de disques d’une durée de quelques minutes[28], qui s’enclenchaient successivement, réglés par le déroulement de la pellicule. Depuis ce temps, le cinéma connaît une véritable révolution technique qui a bouleversé son industrie. En 1927, le son figure également sur la pellicule : on parle de son optique, cette technique est toujours utilisé de nos jours.

Durant les années 1930, le cinéma parlant devient vite la norme[29]. Aux États-Unis, on craignait ce cinéma parlant du fait de l’exportation car en France l’anglais n’était pas répandu. Aussi cette technique fut-elle reçue avec méfiance de par le monde : certains réalisateurs craignaient que les dialogues ne détournent l’attention des spectateurs alors portée sur l’esthétisme de l’image[30]. Qui plus est, les contraintes d’enregistrement réduisent la qualité de l’image : la caméra devait être fixe et enfermée dans une cabine de verre pour que le bruit provoqué par la pellicule ne soit pas perçu.

En 1931, René Clair tourne Sous les toits de Paris et contourne le problème posé précédemment par le son : certaines scènes sont muettes parce que les acteurs se trouvent trop éloignés ou situés derrière une vitre, d’autres sont sonores mais se déroulent dans le noir où le son permet de comprendre l’action[31].

Cependant, le cinéma parlant posa un problème de taille : la différence de langue. Plusieurs solutions sont imaginées, comme tourner le même film, avec les mêmes décors, mais dont les acteurs changent selon la langue. On remarque quelques exceptions à cette solution : Laurel et Hardy tournent eux-mêmes les versions françaises et allemandes par exemple[32].

Ainsi, le cinéma sonore mit du temps à prendre son essor, et ce n’est qu’avec le développement des techniques de montage et d’enregistrement qu’il réussit à se faire une place aux côtés du cinéma muet.

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